Ambassade du Portugal au Maroc

Ministère des Affaires Etrangères

Sommaire de l’éditoriale du Ministre des Affaires Etrangères du Portugal, M. Augusto Santos Silva, publié dans la presse portugaise à la occasion du 150ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort au Portugal.

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« Ce mois nous célébrons le 150ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort au Portugal. En effet, le 1 Juillet 1867 fut adoptée la Loi de l’Abolition de la Peine de Mort. Comme dans d’autres pays abolitionnistes, l’abolition fut un procès qui n’était pas achevée dans un événement unique. En 1852 la peine capitale pour les délits politiques avait déjà été abrogée ; en 1867 l’abolition s’est élargie à tous les crimes civils ; en 1916 la peine capitale a été réinstaurée pour les crimes de trahison en cas de guerre avec un pays étranger. Finalement la Constitution de 1976 a éliminé toute exception ou ambigüité, ayant établi dans son Article 24: « 1. La vie humaine est inviolable. 2. En aucun cas la peine de mort sera appliquée.”

La rejection de la peine de mort, ainsi que le refus de la torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, sont des valeurs étiques et des principes politiques et juridiques le plus solides de l’Etat et de la société portugaise. Aucun courant d’opinion ne s’oppose à ces valeurs. L’abolition universelle de la peine de mort est aussi un des piliers de la politique étrangère du Portugal. Le Portugal est signataire de tous les instruments internationaux et régionaux pertinents, notamment le Pacte Internationale des Droits Civils et Politiques et La Convention Européenne sur les Doits de l’Homme. Dans le plan multilatérale, le Portugal est un des pays que plus insistent dans la défense des critères de Copenhague, qui inclut l’abolition de la peine de mort comme une des conditions indispensables pour la présentation de quelconque candidature d’adhésion. C’était pendant la Présidence portugaise de l’UE en 2007 que le 10 Octobre a été fixé comme la « Journée européenne et mondiale contre la peine de mort». C’était aussi en 2007 que l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté, pour la première fois, la résolution sur un moratoire dans l’application de la peine de mort. Le Portugal participe ainsi activement à la campagne internationale pour l’abolition qu’il considère comme une des priorités de son mandat au Conseil des Droits de l’Homme. Le Pays est fier du fait que l’absence de la peine de mort soit un critère pour l’adhésion à la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP) et il est engagé dans le respect, sans subterfuges, de ce principe.

La fermeté de nos convictions sur l’inviolabilité de la vie et de la dignité humaines accompagne la conscience sur les circonstances et les vicissitudes des procès historiques. Nous voulons êtres partenaires et pas maitres ou juges des autres. Notre message pour tous est très simple. Nous considérons que la peine de mort est un acte barbare, contraire a toute logique de justice (vu qu’elle empêche la correction d’éventuels erreurs judiciaires et la réhabilitation des condamnés) et, comme instrument de dissuasion, elle est inefficace et contreproductive. Au fait, notre expérience comme société et comme Etat nous révèle que l’absence de peines et de traitements indignes nous a fait devenir plus sûrs, plus humains et plus solidaires. »

 

 

 

 

 

 

 

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